Merci pour toutes les explications qui précèdent.
En ce qui me concerne, j'en ai mangé enfant (
car j'en ai mangé!) dans le Haut-Doubs, à Gilley plus précisément, au-dessus de Pontarlier dans une région que l'on appelle "la petite Sibérie". Comme son nom l'indique, il y fait extrêmement froid et, le soir, dès la fin août, les cheminées étaient allumées.
Mon grand-père maternel, charpentier de son état, employait ce qu'on appelait alors des journaliers qui "se louaient" (c'est encore une expression de là-bas peut-être) pour des durées plus ou moins longues et en rapport avec les saisons. Et, tous les soirs, les gens organisaient des veillées pendant lesquelles ils mangeaient des "gaudes" (dans cette région, ils appelaient ce dernier repas "le souper"

. J'ignore si ce terme de "gaudes" existe dans un dictionnaire quelconque et je ne l'ai pas cherché sur Internet... Ces "gaudes" donc étaient de petites boules de différentes farines (cela ressemblait un peu à des gnocchis) faites soit avec de la châtaigne, soit avec du maïs et qu'on mangeait dans du lait chaud.
Les journaliers, cela va de soi, participaient à ces veillées et, pour ne pas arriver les mains vides, ils apportaient régulièrement de la farine de glands qu'ils faisaient eux-mêmes dans la petite maison où ils étaient logés. Bien entendu, ils étaient chauffés par les grosses cuisinières d'époque qui fonctionnaient au bois et qui ne s'arrêtaient jamais: elles donnaient de l'eau chaude, du chauffage et servaient pour tenir la soupe et le café au chaud.
Je les ai vus à maintes reprises préparer cette farine qu'ils mangeaient aussi le matin (le midi et le soir, ils étaient nourris par ceux qui les employaient). Ils mettaient donc les glands dans de grosses casseroles dès le matin et, toute la journée, à intervalles réguliers, ils jetaient l'eau de cuisson et recommençaient l'opération. Cela ne coûtait rien en "énergie" puisque, de toute façon, les cuisinières restaient allumées même l'été. Je ne les ai jamais vus préparer la farine elle-même, tâche qu'ils faisaient sans doute dans leur maison le soir.
Les villageois en général, et ma grand-mère en particulier puisque je ne parle que de ce je que connais, faisaient une partie des "gaudes" avec cette farine de glands offerte par les ouvriers, sans doute par politesse tout simplement. C'était nettement moins bon (à mes yeux du moins, mais je ne m'érige pas en étalon du goût) que les "gaudes" à la châtaigne ou au maïs, et je trouvais cela amer. Mais j'avais des goûts de jeune enfant puisque cette période se situe avant mes huit ans.
Comme j'avais tendance à laisser les "gaudes" à la farine de gland de côté, ma grand-mère m’incitait à les manger (toujours, je suppose, par politesse envers ceux qui avaient apporté cette farine), en m'assurant qu'elles avaient "un vague goût de châtaigne", comme le dit aussi Fon. Je précise que ma grand-mère, fille aînée de 12 enfants et elle-même mère de 16 enfants (dont ma mère qu'elle a eue à 50 ans...) n'avait pu aller à l'école que deux mois dans sa vie; elle était donc quasiment illettrée et n'utilisait pas Internet! Pourtant, elle disait elle aussi "un vague goût de châtaigne" et ni vous ni moi n'avons attendu Internet pour utiliser cette expression très banale "vague goût de..."
J'ai donc juste voulu répondre à la question initiale qui ne semblait pas inspirer grand-monde en précisant que se débarrasser des tanins du gland, à notre époque, me paraissait une tâche longue et peu économique en termes d'énergie (c'était l'objet de la question) et que, selon ma petite expérience en la matière, le résultat n'en valait pas la chandelle. C'est tout; je n'ai jamais attaqué la châtaigne, me semble-t-il, et j'ai repris l'expression de ma grand-mère maternelle sans aller chercher quoi que ce fût sur Internet. D'ailleurs, lorsque je l'utilise, je fais comme RVé, je donne un lien et cite mes sources. Or, hier, j'avais huit enfants à la maison et absolument pas le temps de faire une quelconque recherche.
Bon, bref, la farine de glands n'est pas bonne à mon goût (ce n'est pas une vérité absolue); par contre, Fon, je ne pourrais absolument pas te dire de quels glands il s'agissait, j'étais trop petite. mais, en montagne, à 1 200 mètres d'altitude, il y a bien des chances pour que ce soit le fruit du chêne courant.
Très bonne journée à tous.