Je ne me trouve pas si jeune que tu le sous entend.
J'ai par ailleurs été élevée dans une famille où on discute, où on remet en cause les informations diverses et variées, où on prend ses informations à plusieurs sources.
J'ai énormément de respect pour les opinions des autres, leur façons de voir les choses (voir mon premier message dans ce post).
Cependant, ne confondons pas tout. L'OMS est un organisme qui dépend de l'ONU. À ce titre, il est extrêmement dépendant des financements en provenance des états membres de l'ONU. En conséquence, l'organisation est effectivement sensible au lobbying. Toutefois ses recommandations se fondent sur des études produites à travers toute la planète, par des chercheurs américains, français, danois, australiens, coréens, etc... En gros, les experts de l'OMS centralisent les données de recherche.
L'OMS ne détient pas la vérité vraie. Cette organisation est infiniment dépendante de l'état de la science.
Ainsi, pendant des décennies, l'OMS a soutenue la thèse des sucres rapides/ sucres lents, affirmant par exemple que le pain blanc était un sucre lent. Aujourd'hui la science a prouvé que c'était faux (le pain blanc à un indice glycémique élevé, qui fait monter de façon rapide le taux de glucose sanguin). L'OMS est en train d'intéger la notion d'indice glycémique à ses positions. Cependant en cela elle tient en compte que "seulement" 9 chercheurs en nutrition humaine sur 10 s'accordent sur cette théorie de "l'indice glycémique".
Un exemple parmi d'autres.
Je vois par ailleurs que tu cite le yaourt en inde.
Le yaourt, en inde, n'est certes pas traditionnellement présenté sous forme de petits pots de 125 gr, en revanche c'est une préparation traditionnelle sous forme de lait fermenté, qui y est consommé. On connaît ainsi les lassis indiens, qui sont des boissons préparées avec de l'eau... et du yaourt. C'est une recette traditionnelle de
certaines régions de l'inde.
À la fin du XIXe siècle, un bactériologiste russe prix Nobel de médecine en 1908, a, le premier, évoqué le lien entre la consommation de yaourt et la longévité des montagnards du Caucase et des Balkans. Cette "découverte" a provoqué, on s'en doute, un vif engouement pour ce produit "exotique".
Pour l'anecdote, le yaourt, en France, n'a pas été introduit sur la base d'une opération de marketing telles qu'on en observe de nos jours: il est arrivé sur nos terre, par l'entremise de François 1er, lequel souffrait de maux digestifs, sur l'impulsion d'un médecin turque (pays d'origine du yaourt). Il est ensuite réapparu en pharmacies dans les années 50, en tant que médicament, et a été adopté par les défenseurs des médecines douces et de l'alimentation naturelle. Les familles se sont mises à acheter des yaourtières, au même titre qu'elles ont produit du kéfir de lait, notamment parce que la production de yaourt et de kéfir étaient des moyens de conserver le lait. Rien à voir avec du lobbying, jusque là.
Ensuite, comme dans tous les domaines de l'alimentation humaine, les marchands ont prit le relais, flairée la bonne affaire, industrialisé le tout. Et ont fait jouer de plus en plus la pub, les études de marché, voire les études visant à "prouver scientifiquement" l'intérêt de tel ou tel produit.
C'est ainsi qu'en Chine le yaourt a été introduit dans l'alimentation d'une façon purement artificielle par la multinationale Dan**e. L'argument de vente là bas est celui de l'intolérance au lactose, contrecarrée par la transformation du lait en yaourt.
Cependant, en Chine, comme dans les divers pays où les yaourts ne font pas partie des aliments traditionnels, ils restent considérés comme des mets de luxe et sont boudés au détriment d'aliments plus connus.
Pour aller dans ton sens, cependant, l'industrie agro alimentaire a réussi, ces dernières années, à imposer le bifidus actif et divers probiotiques du même ordre comme des aliments quasi de première nécessité pour la santé humaine (renforcement de l'immunité, aide à la digestion...)... Or, il est intéressant de savoir que les mêmes bactéries sont reconnues pour être un facteur d'obésité!!! D'ailleurs la même industrie agro alimentaire, à l'autre bout de la chaîne alimentaire, les utilise depuis les années 50-60 pour... faire engraisser les cochons plus rapidement!!!
Concernant ta dernière remarque quant aux semences, je crains que tu ne confonde l'OMS et les organismes de certification des semences, dont le rôle est d'établir des catalogues "officiels", qui, eux, dépendent de l'OCDE (pour l'union européenne) et d'une convention internationale de 1961 ayant créée l'Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV)à l'initiative de la France (actuellement premier producteur mondial de semences potagères commercialisées) et des grands semenciers.
Pour finir...
Moi et mon mari consommons chacun environ 600 gr de légumes par jour. Notre alimentation est équilibrée, avec viande, poissons, produits laitiers, glucides etc... En tout, chaque mois, nous dépensons 150euros de nourriture, soit 75 euros par personne en comptant toutes les dépenses (légumes et fruits inclus). Nous consommons des fruits et légumes frais, surgelés, ou en conserves, la plupart du temps en gamme "premier prix".
Certes, ce n'est pas du bio, mais ce sont des légumes. Certes nous consommons, en matière de "frais", surtout des carottes râpées, des endives, des oignons, des tomates, des pommes, des clémentines, tout ça en premier prix... Tout le reste, c'est du surgelé et des conserve. Mais nous nous en portons fort bien.
Pas besoin de se ruiner pour manger équilibré.
Par ailleurs, nous sommes de gros consommateurs de légumineuses, lentilles et pois cassés, pour l'essentiel, mais également tous les autres légumes secs, qui, au kilo sec, valent souvent peu de chose.