Du fait du développement des rameaux, cela prend de la place inutilement dans le potager; alors, on peut faire pousser melons et concombres sur du grillage ou autre.
Au sujet du mûrissement: après la fécondation, le melon croît en taille. Puis il y a une période de stagnation très longue: le melon est vert à l'intérieur. Puis, un temps où le melon est devenu rose à l'intérieur et peut être récolté, c'est le moment où l'industrie récolte car pour le transport, c'est plus commode; le melon achève de mûrir en cageot ou chez l'acheteur. Enfin, il peut mûrir sur pied; on voit qu'il est mûr car le pédoncule se craquelle et commence à se détacher. Il faut toutefois surveiller ce point: le fruit a tendance à quelquefois éclater au niveau du derrière et à commencer à moisir avec l'hulidité ou même pourrir à ce niveau. Quand il est mûr, cela sent le melon lorsque l'on passe à proximité; vous pouvez même prendre délicatement le fruit et le sentir: si il y a une odeur de melon, c'est que le fruit commence à mûrir et que, quoiqu'il arrive, vraisemblablement il ne sera pas perdu.
Pour lutter contre l'oïdium, il ne faut pas asperger le feuillage lors de l'arrosage. Vous pouvez d'ores et déjà soufrer, par temps sec, le soir, si de la pluie n'est pas annoncée dans les jours suivants. Recommencer après chaque pluie. L'usage du soufre est admis en bio.
En théorie, vous pouvez garder le plant en place jusqu'en octobre, s'il ne fait pas trop froid, et que le climat est propice. Mais généralemnt la rosée dès fin août fait des dégâts.
Je ne sais où votre horticulteur a appris l'horticulture car je ne vois qu'un résultat à couper un rameau où il y a dix fleurs mâles: gâcher le pied en empêchant l'apparition de fleurs femelles et donc de fruits! Comme je l'ai dit plus haut, la floraison des courges s'effectue en trois temps, d'abord exclusivement des fleurs mâles, ensuite des fleurs des deux genres stériles [ou bien ne pouvant se féconder], puis des fleurs fécondes. Le melon a tendance à faire énormément de fleurs. Cela étant, il s'agit peut-être d'une variété particulière, quoique j'en doute.
J'ai fait environ 130 melons charentais il y a 3 ans, avec 12 pieds.
Pour l'an prochain, achetez un paquet de graines, ou bien récupérez les graines de vos deux melons actuels si vous êtes sûre qu'il ne s'agit pas de plants F1 et fin février-début mars, lancez des godets. Il suffit de les mettre près d'une fenêtre, que les plants n'aient pas à chercher la lumière, et que la température dépasse les 18/20°. Vous faites la première taille dans le godet. Quand la température devient suffisamment chaude, au-dessus de 15°, l'après-midi par exemple, vous les exposez au soleil, ça leur plaira, en les rentrant la nuit qu'ils n'aient pas froid. Fin mai ou début juin, quand le sol est suffisamment chaud et les températures clémentes, vous les laissez dehors trois-quatre jours nuit comprise pour qu'ils s'habituent doucement à l'air extérieur avant de les repiquer et n'aient pas un choc thermique car en ce cas, souvent, le plant végète et met du temps à repartir. De même avant de repiquer, vous cessez d'arroser et laisser la motte sécher car le melon, comme toutes les courges, a horreur d'avoir les racines dérangées. Au repiquage, vous creusez un trou et mettez du compost ou du terreau, en faisant attention que les racines ne soient pas brûlées. Après quelques jours, vous butez délicatement autour du plant, sans le déranger, afin de favoriser l'apparition de racines adventices. [idem pour toutes les courges - concombre, pastèques, etc].
Il faut se méfier des rats et mulots qui s'attaquent volontiers au melon pour trouver de l'eau en cas de sécheresse, et des limaces qui sont très attirées par cette plante et ont tôt fait de l'anénantir si les plants sont trop jeunes. Dans le sud, on peut semer directement en pleine terre, ce que je fais personnellement.