Bonsoir, j'ai fait une classe prépa littéraire (hypokhâgne et khâgne) et j'enseigne maintenant dans une fac de lettres, j'espère que mon expérience pourra vous aider un peu.
Oui, c'est sûr, la prépa c'est une filière très exigeante, où les étudiants sont bien encadrés.
L'avantage, c'est que la formation reste très généraliste, ce qui permet de reculer de quelques années le moment de choisir précisément sa voie sans se spécialiser immédiatement. (L'inconvénient de ce système évidemment, c'est que le niveau exigé dans chacune des disciplines enseignées est élevé, et que ta fille devra travailler de façon approfondie des matières qui ne lui plairont peut-être pas tant que ça.)
L'autre avantage important de la prépa, c'est qu'elle constitue généralement une excellente formation (au niveau de la culture générale, de la méthode de travail, de la technique de la dissertation ou du commentaire) que l'on ne retrouve pas forcément à la fac. Par exemple, il y a en moyenne en prépa au moins 6 dissertations par an dans les matières principales (français, philo, histoire...) quand un étudiant de fac peut ne jamais avoir eu à en rendre avant sa 3ème année.
Je suis d'accord avec tout ce qui a été dit précédemment sur la difficulté du cursus, aussi bien pour la quantité et la qualité du travail demandé, qu'au niveau psychologique. C'est un aspect à ne pas négliger, et il vaut mieux avoir des soutiens familiaux et amicaux pour "tenir le coup" parfois, même si l'ambiance dans les classes prépas n'est généralement pas aussi terrible qu'on veut bien le dire. Si ta fille est peu sûre d'elle, il faudra bien l'épauler.
Ce qui m'amène au problème de Paris et des débouchés : les meilleures prépas littéraires sont à Paris, malheureusement, et ce sont ces khâgnes-là qui obtiennent les meilleurs résultats aux concours (les plus prestigieux étant Normale Sup, ou l'Ecole des Chartes si elle s'oriente plus vers une carrière de conservatrice etc.). Mais il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. En revanche, même si l'on ne réussit pas aux concours, il est toujours possible de réintégrer le circuit universitaire grâce à des équivalences, et les anciens de prépa ont de bonnes chance d'être parmi les meilleurs éléments à la fac. D'ailleurs de nombreuses khâgnes de province ont une ambiance relativement détendue, et les étudiants y travaillent moins dans l'optique des concours que pour avoir une formation générale solide.
Bref : je lui conseillerais effectivement de tenter la prépa (les cours commencent en même temps que le lycée, début septembre, alors que la fac débute généralement un mois plus tard) en s'inscrivant parallèlement à la fac. Elle pourra toujours voir comment elle s'en sort, quitte à rejoindre la fac si jamais l'hypokhâgne ne lui convient pas. Et puis tout de même, il est parfaitement possible de réussir en passant par l'université, à condition d'y travailler, comme partout -- cela demande autant, voire plus, de volonté et de discipline personnelle qu'en classe prépa.
Ooops, je m'aperçois que je suis en train d'écrire un roman ! Désolée !

Mais si tu as besoin de plus de précisions, n'hésite pas à me contacter. Bon courage à toutes les deux !