PETIT LEXIQUE DU PAIN MAISON
Voici un lexique (non exhaustif !) sur le pain maison, qui répondra aux questions parfois souvent posées sur le forum.
Ce n’est pas une méthode à proprement parler, mais elle permettra de vous familiariser avec certains termes techniques, et vous apportera des explications plus ou moins détaillées sur les étapes et les façons de faire le pain.
Sur ce,
Les ingrédients pour réaliser son pain :
Un pain (particulièrement celui de tradition française) n’a besoin que de 4 ingrédients : la farine, l’eau, la levure et le sel. Ces 4 ingrédients ont tous leur influence pour garantir un pain de bonne qualité.
Ainsi on distingue la farine (idéalement de la farine T65, farine blanche, mais aussi T55, qui est plus courante dans le commerce et plus fine), l’eau (idéalement de source), la levure de boulanger (sèche ou déshydratée) ou le levain , le sel (attention, maximum 2% de la quantité de la farine, soit 10 grammes de sel pour 500 gr de farine / celui-ci ne doit pas être en contact direct avec la levure, il est cependant indispensable pour le développement du pain, son bon goût, et pour sa coloration).
Les autres ingrédients possibles :
Les additifs apportés par les boulangers professionnels visent particulièrement à les aider à gérer leur timing serré. Le sujet étant le pain maison, et si possible de tradition, je n’évoquerai pas ces détails.
Le sucre : il a l’avantage de « booster » sur la levure, et aide au doré du pain.
Le gluten : contenu dans la farine, c’est l’action du gluten qui permettra de favoriser la levée du pain. Son mélange de protéines (ainsi que le sucre qu’il contient) est responsable de l’élasticité de la pâte malaxée. Lors de la levée de la pâte, le gluten dégage des bulles de Co2, on dit que le pâton « lève ». Les farines de maïs, de riz, de quinoa, de sarrazin n’en contiennent pas. C'est pourquoi parfois, un apport de gluten peut être ajouté à la recette (on en trouve en magasin bio).
L'huile :certaines recettes demandent un apport de matière grasse, comme l'huile d'olive, dans le pain "ciabatta" par exemple. En plus du petit "goût" sympathique, il apporte un certain moelleux au pain final, qui se désèchera moins vite.
Les LEVURES (de boulanger) , il en existe en fait 2 sortes:
- la levure sèche , brio*chin, Saf, ou levure boulangère Fran*cine... certaines peuvent avoir un goût plus fort que d'autres, même si ce n'est pas vraiment flagrant. De préférence, on la réactive dans une partie de l'eau de la recette, tiédie, cela lui redonne vie plus rapidement.
On la trouve dans les supermarchés en sachets individuels, la Saf en pots plutôt en magasins spécialisés (fournisseurs boulangers, épiceries maghrébines/orientales, magasin bio...).
La levure SAF est très économique : on la trouve en pots de 120 gr ou 500 gr, une boîte bleue et blanche.
Pour 500 gr de farine, utiliser 1 sachet de levure sèche soit 7 grammes environ, ou 2 cuillères à café.
- la levure fraîche : en cubes, elle se trouve au supermarché au rayon frais (vers les pâtisseries fraîches en général), voire chez ton boulanger (mais... ça dépend si ensuite tu vas souvent le voir!!! pour ma part il ne m'a pas revue depuis 2 ans!!! ).
Elle agit plus vite, n'a aucun besoin d'attendre dans l'eau auparavant.
Son goût est moins fort que la levure sèche, souvent elle est la préférée pour les brioches et viennoiseries.
Il est plus sûre car moins conditionnée par la réactivation (comme la sèche).
Pour 500gr de farine, utiliser 20 gr de levure fraîche.
les LEVAINS :
- le levain sur levure, ou terme plus technique: la poolish .
Permet de réaliser un levain en 1 nuit maxi, avec au plus la moitié de la dose de levure initiale (pour le pain). On mélange 1/3 de la dose de farine, 1/3 de la dose d'eau, la levure(réduite au plus de moitié, donc 5 à 10 gr maxide fraîche, ou 1/2 à 1 cc de sèche).
Temps de repos : 1 nuit couvert d'un film. Ensuite on utilise ce qui reste de la recette (sans rajout de levure).
On trouve aussi des recettes de brioches où le levain se réalise avec une partie de l'eau ou du lait, et un peu de farine, pour un repos de 1 heure environ.
Les avantages : améliore le goût (moins prononcé de levure, plus de levain), la mie (plus aérée) et la croûte (plus dorée) + économies de levure
- le levain fermentescible : est une sorte de levain déshydraté, composé de levure + du levain mort pour le goût. Ce qui est actif n'est que de la levure et non le levain.
On le trouve en magasin bio. A utiliser quasi comme la levure pour le dosage (là je ne suis pas très pro en revanche mais il y a plein de recettes sur le forum!)
- le levain :
Naturel, ou "liquide"(Kayser) il ne contient que de l'eau et de la farine.
Pour le fabriquer on a besoin de 3 jours environ. Ensuite peut se garder toute une vie.
Il se nourrit régulièrement d'eau et de farine, les ferments se développent en quelques heures (6 à 12h).
On en prélève la quantité nécessaire, tout en gardant une partie pour le nourrir la prochaine fois et à nouveau avoir une quantité suffisante pour le prélèvement.
Le levain remplace la levure - sinon il permet aussi de ne mettre qu'une infime quantité de levure (quand il est jeune, cela se fait).
Le levain naturel se nourrit de farines plutôt denses, comme la complète, ou la seigle. Donne un goût fabuleux aux pains.
Le levain liquide préfère la T65 et est moins dense, plutôt blanc, son goût plus doux permet une éventuelle utilisation dans les pains, mais aussi dans des brioches et viennoiseries.
Certaines recettes comportent levain + levure, en général c'est que le levain est jeune, et on a ajouté la levure dans la recette pour diminuer les temps de levée.
Le temps de levée du pain au levain est long, souvent 2 fois plus qu'avec une recette sous levure. Mais le résultat est impressionnant de différences: le goût qui n'est pas sans rappeler celui du pain de campagne (selon les farines utilisées dans la recette); le pain se conserve plus longtemps; la mie et la texture sont différentes... donc tout est une affaire de goûts!
Ensuite à ne pas négliger, et la raison pour laquelle les pains de nos arrières grands parents étaient au levain (en plus de la conservation!): économie !...
Les quantités : dépendent de la recette de base, mais en général, on ne met que farine + eau + sel + levain (1/3 environ de la farine), pour repos la nuit au frais (améliore aussi le pain).
- la pâte fermentée :
Elle sert de base, tel un levain chef, pour constituer un nouveau pain.
Il suffit de prélever un peu du pâton de la veille, le laisser bien couvert au frigo, et l'utiliser en plus ds le pain qu'on fait le jour suivant; ensuite les boulangers gardent encore un bout de pâton pour les pains du lendemain et ainsi de suite.
Pour une panification par apport de pâte fermentée il faut généralement entre 200 et 400 g de pâte par litre de coulage . Cette addition de pâte de la veille permet de pallier la réduction de la première fermentation. La pâte fermentée apporte des acides résultant de la fermentation, améliorant ainsi le goût du pain. Attention, la pâte fermentée appelée dans certaines régions levain de pâte n'est pas du tout acide au goût comme l'est un levain.
Quelques témoignages se trouvent sur ce post : PRELEVEMENT D'UN MORCEAU DE PÂTE
TRANSFORMER UNE RECETTE levure en recette avec levain :
Je vous invite à aller voir ce lien :
La Température idéale de la pâte à pain :
Dans l’idéal , la pâte une fois finie de pétrir doit être de 24°C. Comme la pâte chauffe quand on la pétrit, on se base sur 20° pour la farine, 20° pour la température ambiante, et 20° pour la température de l’eau. Donc, en général, on préconise de bien utiliser des ingrédients à température « ambiante », en se basant sur une température de 20°C.
S’il fait très chaud, alors ajouter de l’eau fraîche à votre pâte. Le contraire si la pièce
est fraîche.
L’hydratation de la pâte :
Plus vous hydraterez votre pâte, plus la mie sera moelleuse.
Un pain d’une hydratation moyenne (60%) correspond à 60% d’eau pour 100% de farine. On calcule ainsi : 500 gr de farine x 60% = 300 gr ou ml d’eau.
On dira alors que le pâton est "batard".
Si votre pain est fortement hydraté (au dessus de 68% d’eau - on parle de pâte douce), alors il est primordial de pratiquer le pointage + des rabats, afin de donner de la force au pâton, et qu’il ne se tasse pas sur lui-même.
De la même façon, il faudra veiller à le laisser 6 heures au frigo minimum avant de pouvoir la façonner.
L’autolyse :
L’autolyse permet d’assouplir le tissu glutineux et de modifier la texture des pâtes, hors fermentation, par l’action naturelle des enzymes contenus dans la farine ; sans adjonction de levure ou de levain. Le principe : on mélange l’intégralité de l’eau et de la farine, avec repos de 30 minutes à 1heure. Puis on ajoute la levure, le sel, et éventuellement le levain, pour pétrissage.
Les différentes phases de la réalisation du pain :
Se référer à la fiche à pains de ST :
Le frasage : c’est le moment où tous les ingrédients se mélangent doucement. Cela dure quelques minutes. La farine s’hydrate grossièrement.
Le pétrissage : cette étape doit durer 15 minutes environ. Il rend la pâte homogène et lisse.
Voir fiche technique
L’eau de bassinage : c’est de l’eau que nous ajoutons en cours de pétrissage. Elle permet, quand on a une pâte molle (très hydratée), que l’eau se mélange doucement. Cela correspond à environ 5% de l’eau totale de la recette. Elle s’ajoute petit à petit, pour lui donner le temps de s’incorporer à la pâte sans qu’elle se ramollisse en même temps.
Le pointage (ou la pousse) : c’est la première partie de la fermentation de la pâte. C’est le temps que prendra le pâton pour doubler de volume (grâce au gaz carbonique développé par les levures ) . Pour une pâte douce, il est préférable de la réaliser au frais, afin de faciliter le façonnage. C’est alors une « pousse lente ».
Les rabats : les rabats donnent de la force au pain. Ils sont préconisés pour une pâte douce. Dans ce cas, le procédé est identique à la réalisation d’une pâte feuilletée : il faut rabattre la pâte sur elle-même, puis la replier encore une fois.
Les rabats s’effectuent pendant la pousse, 2 rabats espacés de 20 minutes permettent une meilleure élasticité du pâton.
La force : la pâte est moins molle sous la main , elle a plus de tonus, donc moins malléable mais plus élastique. Elle permet une mie bien alvéolée.
La division : action de couper le pâton en plusieurs parties, ces petits pâtons plus petits serviront de base au pains finaux. On divise le pâton, puis on forme une boule grossière.
La détente : repos de quelques minutes, elle suit la division du pâton, et permet surtout que la pâte soit plus souple pour faciliter le façonnage, et éviter qu’il ne se déchire en l’étirant.
Le façonnage : chaque pâton est travaillé, pour donner la forme voulue au pain. Cela peut donner des baguettes, des petits pains, une miche, des bâtards… Il ne doit absolument pas déchirer la pâte.
A voir des techniques de façonnage des baguettes : FACONNAGE BAGUETTES EN VIDEO
et FACONNAGE BAGUETTES EN PHOTO
Il y a aussi un post sur différentes techniques de façonnage ici
L’apprêt : c’est la seconde partie de la fermentation du pain. La durée de l’apprêt a un impact déterminant sur le résultat final du pain. Elle se déroule sur un torchon de lin (il faudra ensuite glisser le pâton prêt à enfourner directement sur la plaque chaude du four – nécessite un certain savoir faire !) , ou directement dans le filet/moule.
Pour savoir si votre pâton est prêt à être enfourné, pratiquer une légère pression avec le doigt sur le pâton :
- Si le creux créé par la pression s'efface rapidement, prolonger le temps de pause.
- Si le creux s'efface lentement, mettre à cuire rapidement le pâton.
- Si le creux reste, le temps de pause a été trop long
La clé : c'est le résultat du repli du pâton sur lui-même, à la fin du façonnage : par exemple si vous façonnez des baguettes, c'est la pliure, où vous avez rassemblé une dernière fois le pâton.
La clé du pâton doit se trouver en dessous lors de la cuisson
Les grignes : faire des grignes, c’est inciser, ou lamer le pâton. Elles se font juste avant d’enfourner le pain.
Des précisions sur ce post :
La cuisson : notre pain maison cuira dans notre four traditionnel, et ne bénéficie pas des avantages des fours professionnels.
Cependant plusieurs méthodes de cuisson du pain maison ont fait leur preuve, je vous invite à rejoindre ce récapitulatif :
Voilà !...
Le forum fourmille de recettes, n’hésitez pas à demander des précisions selon le résultat souhaité
Et surtout… si des professionnels passent par là et constatent des aberrations dans mes explications, surtout qu’ils m’en informent pour que je corrige

Farineusement,
Polange
Modifié (août 2011)