Bon, comme je suis également concernée par les demi-mois sans budget pour les courses, je peux vous mettre les quelques trucs gratuits du moment :
les pommes de terre : c'est la saison de la récolte. Après, on peut aller glaner. En tout cas, en Belgique, on peut... et cela arrange les fermiers car si on laisse les patates en terre, elles repoussent, ce qui est à la fois une source de mildiou et donne un petit côté désordre au milieu du champ de froment de l'année suivante.
Si vous n'avez pas repéré de champs à l'avance, regardez attentivement les terres fraîchement remuées : les pommes de terre sont en surface. Par chez nous, les fermiers donnent un coup de labour après la récolte : cela fait remonter les pommes de terre et facilitent grandement le glanage.
Il y a vraiment moyen de récolter plusieurs dizaines de kilos!
Par contre, il faut prendre quelques précautions pour les conserver :
- leur permettre de sécher, l'idéal, ce sont des cagettes à légumes qu'on empile pour que le tout soit bien ventilé
- retirer toutes les pommes de terre gâtées et celles qui ont été blessées par les engins. Inspecter régulièrement la réserve.
- Les garder absolument dans le noir, au frais, à l'abri du gel et des températures trop élevées.
Les pommesBien que tout était en avance cette année, il en reste encore. Certaines personnes ne les récoltent pas, il y a aussi les pommiers abandonnés. Lorsque c'est possible, on peut demander au propriétaire. Parfois on n'a accès qu'aux pommes tombées. Cela vaut le coup de les ramasser. Ces pommes-là ne se conserveront pas car bien souvent, elles sont véreuses. Par contre, elles se transforment très bien en compotes, tartes, gâteaux, chaussons, confitures, gelées, etc. Si vous avez un déshydrateur, les pommes séchées sont excellentes.
Une source souvent ignorée, ce sont les pommiers décoratifs. Ils donnent une multitude de petites pommes qui ont l'avantage de rester très longtemps sur l'arbre. Toutes sont comestibles mais toutes n'ont pas la même saveur. Ces arbres ont été sélectionnés pour leur potentiel décoratif et non pas alimentaire.
Vous pouvez les croquer ainsi à la sauvette. Comme c'est fastidieux d'éplucher ces minuscules pommes, le plus simple est de les réduire en purée en les cuisant à la vapeur puis en les passant au moulin à légumes. Les pépins, peaux, tiges et autres ne passeront pas, le reste fera une excellente compote mousseline.
Les prunesOn oublie que certaines variétés sont très tardives et encore à récolter en octobre. Souvent elles manquent de sucre mais c'est facile à corriger si on en fait des tartes, des compotes, des confitures ou des gâteaux.
Les framboisesLes variétés remontantes ne sont pas dites "d'automne" pour rien. Chez moi, elles donnent jusqu'aux premières vraies gelées. S'il fait trop pluvieux, elles commencent à manquer de sucre et à être trop aqueuses pour être surgelées telle quelle. Elles restent parfaites pour les coulis et confitures.
Les mûresC'est encore la saison.
Les noix, c'est la fin mais si vous trouvez un noyer qui n'est pas récolté, vous trouverez les noix au sol. Il faut bien les faire sécher. Personnellement, je les mets dans des cagettes à légume en fine couche, je les place dans un lieu bien ventilé (je dirais même, en plein courant d'air) et je les brasse régulièrement. On peut aussi simplement les mettre dans des paniers et à proximité des radiateurs.
Les châtaignes, c'est la pleine saison. Elles vieillissent mal donc si la récolte est abondante, il faut prendre son courage à deux mains et les transformer : crème de marrons, purée de marrons, marrons glacés, marrons au sirop.
Pour la consommation immédiate, soit on les fait griller sur une vieille platine, soit on en fait une soupe délicieuse (avec du bouillon et du lait)
Le
mahonia à feuilles de houx, cette plante plutôt mal aimée mais fréquemment plantée dans les lieux publics. Ces baies sont parfaitement comestibles et s'utilisent comme du cassis. Elles donnent un jus très abondant qui gélifie très (trop) bien. Au Canada, on l'utilise de manière industrielle pour la production de boissons et confiseries. Les Amérindiens en faisaient d'abondante récoltes et l'utilisaient dans le pemmican. Les premiers colons en firent même du vin, d'où son nom anglais "Oregon Grape".
En plus, c'est une récolte plutôt réservée à ceux qui habitent en ville

Ne croyez pas ceux qui prétendent que c'est du poison. J'en fait des gelées et du sirop depuis des années et personne n'a jamais été incommodé! (intrigué, oui!)
Le
cognassier du Japon, une autre plante ornementale très courante dans les lieux publics et les jardins. A nouveau, on vous dira que c'est du poison
C'est au contraire excellent. Par contre, c'est le même problème que pour le pommier ornemental, les variétés sont plus ou moins savoureuses. Un bon indicateur, c'est l'odeur délicieuse du coing mûr! Toutes les recettes de coing lui conviennent.
Les herbes sauvages commencent à n'être plus très appétissantes mais il y a encore moyen de faire des récoltes.
L'ortie, si elle a été régulièrement arrachée ou coupée, refait des jeunes pousses. Toutes les recettes habituelles au printemps peuvent resservir : soupe, gratin, quiche, aux lardons, etc.
Et puis, c'est un ingrédient indispensable de la "soupe de sorcières" pour Halloween : à mélanger avec du potiron.
La
podagraire, cette insupportable mauvaise herbe, résiste aussi à l'automne. Elle est trop coriace pour les salades mais peut encore servir d'herbe à pot pour les soupes, potées, gratins et autres pot au feu. On peut l'utiliser pour une "tarte al djotte" (spécialité nivelloise normalement à base de feuilles de bettes)
Le
souci, la
capucine, la
rose et la
mauve fleurissent toujours et peuvent donc agrémenter les salades.

Au fait, les roses trémières, les mauves, la guimauve sont de la même famille et sont toutes comestibles.
Bien sûr, on ne peut pas se nourrir de ce genre de récoltes mais c'est gratuit, plein de vitamines, de sels minéraux et de fibres... et donne un but sympathique aux promenades
